Boulogne, le Semi qu’on a failli pas faire…

23768939_10157274943209848_1379938967_oIl y a deux mois quand j’ai dit aux filles que je me lançais le défi de faire le Semi Marathon de Boulogne l’un des plus rapides parce que ultra roulant, certaines se sont laissées séduire.

Amandine et Camille étaient de l’aventure avec moi. Il y a deux semaines, Amandine a finalement fait sa dernière course de la saison avec l’Ekiden suite à une blessure. Du coup, c’est Laura et Camille qui doivent se lancer avec moi.

Après les 20km de Paris, une préparation correcte (à défaut d’être optimale) et pas mal de courses dans les jambes, on se sent fin prête à affronter cette distance encore inédite pour nous.

Sick Roses – Bon c’était sans compter le fait que cette semaine a été assez chaotique pour nous toutes. Entre les microbes, l’accumulation de la fatigue, des petits bobos qui se réveillent et probablement (du moins pour ma part) la crainte de ne pas y arriver, on a bien failli pas prendre ce départ.

Ce n’est que la veille à 16h que je prends enfin une décision. Celle du bon bélier que je suis, qui fonce tête baissée alors que la voix de la raison (ainsi que mon médecin et quelques amis) lui crie de ne pas bouger.

23770227_10213819401179987_272292104_oReste à présent à choisir ce que l’on va porter pour ces 21km… Legging long ou 3/4 ? T-shirt manches longues ou courtes ? Coupe vent ? Lunette de soleil ?
Le race pack devient un challenge à lui tout seul. Et pourtant, on est loin d’être des fashion victim, même si on apprécie les jolies tenues de sports.

Un petit dîner plein d’énergie, la première mi-temps du match de rugby en fond et je file au lit pour tenter d’être au top pour mon premier semi marathon. Alors que je commence enfin à tomber dans les bras de morphée, j’ai une révélation. Est-ce que mon sac respecte les 30 litres maximum réglementaire ?…. Passage au wc (toujours aussi glamour) et vérification discrète du sac. Bingo (enfin plutôt le bruit des boules tombant par terre), mon sac fait 55 litres. Et me voilà à changer de sac au lieu de dormir profondément…

Cette fois c’est bon, je peux m’endormir en visualisant la course du moins en partie… Je crois que le sommeil a eu raison de moi avant la ligne d’arrivée…

Retrouver les filles à la sortie du métro est toujours un bonheur. Il suffit que l’on soit ensemble pour oublier nos doutes et la fatigue. Comme le dit si bien Camille, quand on est ensemble on est capable de (presque) tout surmonter. Et j’en suis à présent convaincu !

23759948_1601289059927786_784362594_oWarriors Roses – Après notre rituel change/consignes/wc, Amandine nous tatoue son prénom sur nos bras. Car si cette course, elle ne peut pas la faire comme prévu, on est bien décidé à l’emmener avec nous tout au long de ces 21km. Elle sera tout de même notre supporter/reporter de choc du début à la fin. D’ailleurs, vous avez pu découvrir son compte rendu sur le site.

Les « tatouages » sont faits et on se dirige dans notre SAS de départ. Le dernier +1h55 – 2h et plus. Oui, le timing de ce sas nous a paru étrange aussi… On gère bien en se mettant « discrètement » devant.

10h le départ est donné. Une seule vague, il nous faudra 5 minutes pour nous élancer officiellement sous l’arche de départ en tentant pitoyablement de faire signe à notre speaker préféré, Harry Bignon, présent sur la course.

Ce premier échec sera le seul de notre course, c’est décidé. On s’élance et Camille nous demande pourquoi on se met à courir avant même de passer l’arche… Avec Laura, on est au taquet comme toujours.

Alors ce semi roulant, l’est-il vraiment ?… Dans l’ensemble, il n’y a effectivement pas de quoi se plaindre. Si après le premier kilomètre, Camille constate qu’on est déjà en dessous des 6 minutes et préfère ralentir, avec Laura, on le sent bien et on poursuit. On enchaîne les 5 premiers kilomètres avec une certaine aisance malgré la fatigue et le manque d’entraînement. On est même en dessous des 30 min au moment de ce premier ravitaillement.

23770147_1601289243261101_617047177_oLes kilomètres suivant, je trouve qu’il s’enchaîne avec facilité. On ressent bien l’aisance de ce parcours roulant. Par contre, quand arrivée au 8ème kilomètres et que l’on croise les premiers de la course déjà sur le retour, on se prend un peu une claque. Enfin, ça n’empêche personne de crier et de les encourager. Ces mecs sont des fusées.

Arrive enfin le premier virage, si on n’a pas trouvé Amandine comme prévu autour du premier ravitaillement, on tente de repérer Camille de l’autre côté de la route pour vérifier que tout se passe bien pour elle. C’est bon, elle a le sourire. Rassurées, avec Laura, on part à l’assaut du Bois de Boulogne.

Nouvelle surprise sur le parcours, autour du 10ème kilomètres et de LA côte du parcours, Nicolas (un ami runneur de Laura que l’on a déjà croisé sur le 10km Paris Centre) vient courir quelques kilomètres avec nous. Il nous encourage, nous félicite pour notre rythme, nous coache. Au second ravitaillement, je les perds tous les deux.

Moment de flottement qui ne dure pas quand Nico vient à mon secours et me dit que Laura est devant, au niveau du meneur d’allure 2h. Je l’ai en visu et j’accélère (je payerais un peu cette phase par la suite, mais pas grave). Avec les encouragements de Nico, je parviens à la rejoindre. Ils nous accompagnent encore un peu et nous laisse poursuivre après nous avoir informé qu’une jolie descente approchait.

Cette « pépite » arrive entre le 12ème et 13ème kilomètres. Effectivement on savoure, surtout qu’elle annonce le début de la boucle retour finale.

Malgré cela, les jambes pour ma part commence à peser. D’autant, que je commence à avoir quelques douleurs aux pieds. Dernier ravitaillement au 15ème. Je prends de l’eau et du sucre (mon combo sur les longues distances). Laura est toujours avec moi. On ne se lâche pas.

Au 16ème, je sens que mes jambes ont besoin que je ralentisse un peu. Je préviens Laura et lui dit de continuer. Je la garde en visu jusqu’à la moitié du 17ème kilomètre, mais là la fatigue me rattrape. Un petit regain d’énergie me gagne quand je repère Amandine (notre supportrice de choc) sur le côté qui m’encourage et court quelques mètres avec moi.
Je baisse la tête pour me concentrer et puiser dans mes ressources. En la relevant, Laura n’est plus là. Je me dis que mon petit lièvre s’est envolée et je ne m’inquiète pas.

18ème. Plus que 3km… 20 minutes de courses environ. Cela me paraît insurmontable. De plus en plus de gens autour de moi sont en train de marcher. D’autres, là où il y a des postes de secours, sont dans un piteux état. J’ai qu’une trouille finir comme eux. M’écrouler tout simplement. Je ne veux pas. Je n’ai pas pris ce départ pour lâcher si près du but. Je veux le finir. Passer cette arche la tête haute… enfin surtout debout…

19ème. Je ne vois rien, je me focalise sur mes pas, j’essaye d’évacuer les mauvaises sensations et les idées d’abandon.

23758107_10157274889374848_37967449_n20ème. Plus que 1km. Je peux le faire. Je le sens au fond de moi, même si mon corps veut me faire croire le contraire. En voyant le sapin de Noël et le macdo, notre repère de début de course pour le sprint final, mes jambes s’emballent toutes seules. Pourtant j’essaye de les retenir de peur de m’écrouler. Je suis tellement concentrée que je ne repère Amandine qu’au dernier moment. Elle me dit de rien lâcher. Que j’y suis. Elle a raison et ses encouragements me rebooste. L’arche est là devant moi et quand je la passe, je suis surprise de tenir encore debout.

Je marche, je cherche Laura du regard. Et au fond, je me dis que ce n’est pas plus mal de ne pas la trouver, car vu mon état, je me serai mise à pleurer dans ses bras.
Je récupère ma médaille avec une fierté non dissimulé et quand je constate mon chrono, j’hallucine. J’en ai vraiment chié et j’ai eu la sensation d’être une tortue tant je me suis faite doubler sur les 3 derniers kilomètres. Pourtant, je l’ai bouclé en 2h ce premier semi. De la folie. Après une semaine à être malade et fatiguée…

Je tente d’appeler Laura qui doit être loin devant moi au ravitaillement final, voir aux consignes. Et c’est là que je prends conscience que j’étais tellement focalisée sur moi, que j’ai loupé le fait qu’au 18ème km, elle s’est mise à marcher. Ses jambes ne suivant plus. Elle a même songé à abandonner pour, au final, courir à nouveau sur le dernier kilomètre et venir récupérer sa médaille bien méritée.
Camille et Amandine nous rejoindront un peu plus tard aux consignes.

Heureuses d’être réunies, on part (en encourageant les derniers coureurs sur le trajet) fêter notre semi au Starbucks avec une bonne boisson chaude et surtout avec une bouteille de champagne sans alcool Le Petit Béret. On passe pour des poivrote dans le coffee shop auprès des autres clients. On s’en tape, on assume toutes nos extravagances et nos folies.

Nous étions 8999 inscrits, nous sommes 7444 runneurs à avoir passé cette ligne d’arrivée mythique. Peu importe notre chrono, boucler ce semi marathon de Boulogne a été une réelle fierté pour nous trois.

Nos résultats : 

Emilie : 5771ème – 2:01:03 – 551ème Sénior Femme
km5 : 28min19 / km10 : 56min27 / km15 : 01:25:03 / km20 : 02:01:02
Laura : 6233ème – 2:06:03 – 651ème Sénior Femme
km5 : 28min19 / km10 : 56min29 / km15 : 01:25:02 / km20 : 01:59:19
Camille : 6895ème – 02:15:06 – 809ème Sénior Femme
km5 : 29min32 / km10 : 01:00:22 / km15 : 01:33:37 / km20 : 02:07:28

 

Compte-rendu écrit par Emilie


2 réflexions sur “Boulogne, le Semi qu’on a failli pas faire…